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Des gens meurent chaque jour par manque d'eau potable, pour d'autre, sa recherche est une quête quotidienne... pour d'autres encore, le problème ne se pose pas... d'ailleurs, ils "chient" dedans. Le ton de cet article peut paraître brutal et agressif, mais il s'agit là d'un problème extrêmement grave dont la plupart de nos contemporains se soucient bien peu. Il faut savoir que nos fosses d'assainissement des eaux usées et tout le marché de retraitement n'a de sens que parce que nous introduisons nos matières fécales dans un cycle que la nature nous avait donné "prêt à l'emploi".
En effet, si nous enlevions nos "p'tits cacas" de nos eaux usées, leur assainissement pourrait se faire uniquement par les plantes (voir phytoépuration). Il faut savoir que nous ne consommons (pour boire ou pour manger) que 3% de notre consommation globale. Le reste part dans les douches, la vaisselle, le jardin... et les toilettes qui ne représentent pas moins de 6 litres d'eau potable à chaque chasse d'eau tirée sans système économique (voir article Economiser l'eau des toilettes). Et encore, s'il ne reste pas une petite trace qui, pour beaucoup nécessite un second tirage !
Cette introduction met en évidence deux grandes problématiques :
- pourquoi utiliser l'eau potable pour nos besoins non-alimentaires ?
- pourquoi se borner à chier dans l'eau ?
Pour le premier cas, il n'y a pas vraiment de solution, si ce n'est de faire pression pour un accès à une eau non-potable et la création d'un deuxième réseau avec une arrivée à votre domicile. Vous imaginez facilement que l'industrie de l'eau il n'y a pas grand chose à gagner... Par contre, pour ceux qui ont accès à une source ou qui ont décidé de récupérer les eaux pluviales, deux possibilités s'offrent à eux :
- installer un branchement en complément de leur contrat avec le service d'eau potable sans utiliser de système de filtration trop compliquée
- ou se servir uniquement de son réseau personnel et installer filtre performant sur un robinet exclusivement dédié à la consommation
Évidemment, l'investissement peut être conséquent, mais à moyen terme l'économie est réelle.
Pour la deuxième problématique ou "pourquoi se borner à chier dans l'eau", je pense qu'il y a une bonne part de blocage psychologique du à la fameuse cabane au fond du jardin ou aux pots de chambre que nos grand-mères ont été si heureuse de ne plus utiliser. À cela s'ajoute le fait que le caca est dit "sale", et on sait tous à quel point les mots peuvent avoir une raisonnance sur nos pensées. Du coup, il faut "le cacher", et surtout "ne pas le sentir", ni "le voir". Il tombe dans l'eau et notre seule relation avec lui n'aura été que ce "plouf" discret. On tire la chasse d'eau et zou, oublié le caca, des professionnels ont installé ce qu'il fallait... ce n'est plus notre problème. Lorsqu'on se rend compte de l'énormité du phénomène et que l'on pense que chacun devrait se prendre en main par des gestes simples, la solution est vite trouvée : les toilettes sèches.
A priori, pour éviter les difficultés de traitement de l'eau en évitant la diffusion des bactéries il suffirait d'enlever nos cacas de l'eau... élément-terre non ? Sachant qu'en plus, nos cacas peuvent être compostés avec de la sciure et permettre de fournir un engrais qui boostera la croissance de vos tomates, pourquoi hésiter ? Bien sûr, le compostage n'est pas accessible à tous et le volume de matière fécale peut vite devenir important pour une grande famille. Et ça oblige à sortir le bac récepteur régulièrement... OK, c'est entendu et je comprends que ça puisse gêner certains.
Mais il existe la solution des séparateurs et là, plus de contraintes, si ce n'est de jeter dans votre poubelle ménagère le petit sachet de caca déshydraté (il a perdu 80% de son volume en séchant grâce à un système de ventilation). Pour une famille de quatre personnes, l'opération ne se répète qu'une seule fois par mois. L'objet se présente comme votre cuvette habituelle, sauf qu'il n'y a pas de chasse d'eau et par conséquent, pas de réceptacle rempli d'eau. Seuls deux orifices de tailles différentes sont présents. Ha oui, j'oubliais que ces messieurs devront revenir sur leurs pratiques viriles de pipi debout... Ici, tout le monde s'assoit et personne ne risque de le faire sur les gouttelettes vagabondes laissées par les gentlemen.
Donc, naturellement on s'assoit, et les deux éléments ainsi évacués sont dirigés, l'un vers le petit sachet dont je parlais précédemment, l'autre vers le réseau d'eaux grisées. Dans ce cas, et si vous avez le terrain ou un maire qui investi dans l'écologie, un assainissement par phytoépuration fait très bien l'affaire (compter 2000 € pour les auto-constructeurs - contact : Anne rivière, association eau vivante...). Il est même possible de finir cette épuration naturelle par un bassin d'agrément pour vos poissons rouge... Le tout présentant une succession de cinq bassins rond d'environ un mètre de diamètre et de profondeur rempli de pouzzolane (roche volcanique présentant une multitude de trous permettant l'accroche des micro-organismes vivants qui nettoient votre eau). Dans ces bassins son plantés des roseaux et autres plantes qui réoxygènent l'eau.
Ces toilettes à séparateur ont un coût vraiment dérisoire par rapport aux économies et à l'impact écologique. Pour ceux qui ont un jardin, leur petit sac de cacas secs peut être déposé dans dans un espace fermé (aire de compostage ou simple poubelle) avec de la terre ou des copeaux. Il faut les stockées pendant environ six mois avant de pouvoir les remettre à la terre.
Ce système est bien évidemment idéal si vous ne disposez pas de fosse septique ou de tout à l'égout. Ces toilettes étant pourvu d'un petit moteur pour assécher vos dons, ils consomment entre 11 et 16W pour une installation en 220/240V secteur et 160mA en 12V continu.
Pour conclure ces quelques pages autour de l'eau potable, des habitudes de gaspillage, des nouvelles technologies voici ce qui peut résumer mon point de vue : Il faut savoir que nous sommes le seul être vivant sur cette terre à chier dans l'eau... potable en plus de ça. Il suffit d'en prendre conscience et de faire le geste !
Pour poursuivre la réflexion, je vous invite à visiter ces quelques liens :
Le merveilleux livre du voyage de monsieur caca sur http://www.rue-des-livres.com/
Les toilettes séparateurs en image sur http://www.maison-ecolo.com
La référence en matière de phytoépuration http://www.eauvivante.net
Le principal fournisseur de séparateurs http://www.separett.fr
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